Un seul cordon vous manque et …
Les constructeurs et les utilisateurs de machines sont-ils sensibles à l’argument de la souveraineté ? Le Made in France a-t-il d’autres atouts à faire valoir ? Pour le savoir, nous avons interrogé Romain Brigand, Directeur Général de FBB. L’entreprise est l’un des deux fabricants français de cordons pour servomoteurs et codeurs.
Sur la première question, sa réponse est sans ambiguïté : « Aujourd’hui la question ne se pose pas vraiment en terme de souveraineté. L’importance du réseau de distribution français laisse à penser que l’offre est importante alors que nous sommes très peu à fabriquer ce genre de produits. Ce que je constate de manière générale sur le marché c’est une séparation des approvisionnements en deux catégories : d’un côté le cordon tout venant qui est stocké en quantité et vient majoritairement d’Asie ou des pays de l’Est ; de l’autre le cordon personnalisé dont on a besoin rapidement, qui lui est principalement français. »
C’est donc d’abord l’urgence qui ferait pencher la balance en faveur du Made in France, ce qui tend à justifier le maintien de cette production sur notre territoire. « Le rapport bénéfice/coût d’une production locale est énorme sur ce type de composant, au vu des pertes financières que représente chaque heure d’arrêt machine », explique-t-il. « Pour pouvoir livrer un cordon prêt à brancher en 24 heures, quelles que soient les connectiques, il faut un vrai savoir-faire et un réseau de proximité. »
Ce savoir-faire se retrouve aussi dans la capacité des fournisseurs français, dont FBB, à accompagner le retrofit de machines anciennes. Romain Brigand précise : « notre valeur ajoutée vient aussi de notre capacité à gérer l’évolution des systèmes obsolètes grâce à des cordons sur-mesure. Prenons l’exemple d’une machine dont la mécanique serait en bon état, les moteurs fonctionnels, mais sur laquelle les variateurs sont obsolètes et provoquent régulièrement des arrêts de production : nous pouvons créer une solution câblée permettant de faire fonctionner les vieux moteurs avec les nouveaux variateurs, y compris si ces derniers viennent d’un autre constructeur. »
Reste un dernier point à souligner : l’innovation. Les solutions de câblage contribuent elles aussi à faire évoluer les machines. Romain Brigand en donne un exemple avec « les câbles hybrides OCT qui sont apparus il y a une quinzaine d’années et qui ont non seulement permis de gagner de la place dans les armoires de commande, mais aussi de faire baisser le nombre de défaillances et de faciliter les recherches de pannes. » Voilà au moins trois bonnes raisons de ne plus considérer les cordons comme des composants banals, et de souhaiter que leur fabrication se poursuive dans l’hexagone.
