Performance industrielle : la fin de ligne, objet de toutes les attentions

Les opérations de fin de ligne, contrôle, encaissement, palettisation et chargement, sont celles qui concentrent le plus haut niveau de complexité. Longtemps difficiles à automatiser, elles représentent aujourd’hui un véritable levier d’amélioration des performances pour les membres du GEPPIA, comme en témoignent leurs retours, rendus possibles grâce aux avancées technologiques récentes.
©Unsplash/Evgeni Tcherkasski
©Unsplash/Evgeni Tcherkasski

Samuel Segalen, pour Yaskawa, explique : « La grande diversité des formats, les variations saisonnières et la personnalisation des produits ont longtemps freiné l’automatisation. Mais ces obstacles tendent à disparaître grâce aux progrès en vision, en intelligence artificielle et à la capacité des robots à s’adapter à des environnements non structurés. »

Baptiste Amato-Gagnon, de Psycle, complète : « Nous assistons actuellement à une forte montée en puissance des solutions de vision en fin de ligne, notamment pour répondre aux besoins de contrôle libératoire, désormais accessibles via des systèmes clés en main faciles à déployer. »

De son côté, Patrice Laubignat, pour Anéolia, souligne : « Le futur repose sur le contrôle non destructif en ligne, y compris pour la détection de fuites. »

Le nombre de contrôles devrait continuer à croître, notamment sous l’effet des exigences accrues en matière de qualité, mais aussi de traçabilité et de marquage. Sur ce point, Marie Pochon, de Zenjet Coding, précise : « Les attentes portent sur une précision toujours plus élevée, sur des surfaces d’impression plus larges et à des cadences soutenues. »

Pour Jonathan Asbroucq, du Schmersal Group, « la vision artificielle permet aujourd’hui de suivre l’ensemble des paramètres critiques de production. Elle contribue à stabiliser les process, tout en améliorant la productivité et en réduisant les coûts liés à la qualité. »

Cette technologie s’intègre désormais directement au cœur des machines. Clara Fernandes, pour DCN ATM, précise qu’elle permet « le développement de fonctionnalités intelligentes, comme les réglages automatisés ou la gestion des arrêts, limitant ainsi les interventions humaines. »

L’évolution des outils transforme également le rôle des opérateurs. « Ils deviennent de véritables pilotes de ligne », indique Martin Huchet pour Werma. « Cela implique de nouveaux besoins en signalisation, pour une lecture plus fine des états de production, mais aussi en supervision via des systèmes connectés capables de suivre le TRS/OEE en temps réel. »

Ces transformations impactent directement les interfaces homme-machine. Hélène Ravoire, pour Proface, explique : « Face à la multiplicité des fonctionnalités et des équipements, les utilisateurs recherchent des solutions fiables, dotées d’une connectivité IIoT étendue, d’une interopérabilité complète et d’interfaces ergonomiques optimisées. »

D’autres critères deviennent également déterminants dans le choix des équipements de fin de ligne, notamment la compacité et la sécurité. « Les industriels privilégient des machines très compactes, capables de s’intégrer facilement dans des environnements partagés avec les opérateurs », souligne Stéphane Chiry pour Stoppil. La palettisation reste ainsi un domaine clé de développement, en particulier pour les cobots.

À moyen terme, ces derniers pourraient être complétés par des robots mobiles autonomes (AMR), appelés à se développer en fin de ligne. Serge Pitois, pour MG Tech, explique : « Associer un cobot à un AMR permet d’optimiser les flux de palettes. Les robots mobiles remplacent les convoyeurs fixes et assurent le transport des palettes vides ou pleines entre les différents postes. »

Enfin, Pierre Astier, de Sew Usocome, conclut : « Le déploiement, la gestion et la maintenance de flottes d’AMR deviennent de plus en plus accessibles grâce aux outils proposés par les fabricants, facilitant ainsi l’adoption de ces technologies par les industriels. »

lundi 27 avril 2026